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(III) Une histoire inventée

Quelque temps après les échanges des premiers courriels, nous demandions photos et renseignements sur le véhicule ainsi que sur son histoire. Sur ce dernier point, voici la réponse que nous recevions de notre intermédiaire, le 30 août 2010 :

Nous découvrirons longtemps après que le Monsieur très âgé avait tout au plus une grosse cinquantaine d’années à l’époque de la transaction. Il faut ajouter à cela qu’il avait acheté le véhicule non pas en 1950 mais juste quelques mois avant de le revendre.

Enfin, malgré le fait que l’intermédiaire nous fit obstacle (je raconterai comment) pour accéder par nous-même aux archives Labourdette, nous y parvînmes tout de même. Nous découvrirons alors que la plaque en question appartenait à une Panhard & Levassor de 1905.

Nous étions loin du « véritable monument historique », « entièrement d’origine », « de 1904 » et « éligible au Londres-Brighton ».

Plus c’est gros, mieux ça passe 

Curieusement, c’est l’énormité et surtout – il faut bien le dire – l’extraordinaire stupidité des mensonges de notre intermédiaire qui le rendirent crédible.

J’explique : le gérant de l’époque lui avait bien expliqué qu’il n’était pas un connaisseur, qu’il avait besoin de conseils et qu’il souhaitait mettre en place un partenariat durable avec lui. Il lui avait précisé de même que ce ne pourrait être qu’un mauvais calcul de tenter de profiter de cette faiblesse. J’avais confirmé.

Comment se tirer une balle dans le pied

Comment imaginer dans un tel contexte qu’après une dizaine de voitures vendus par ses bons offices, l’intermédiaire soit capable de monter une histoire mirobolante, au risque de perdre définitivement la clientèle du garage ?

Enfin, précisons que notre interlocuteur s’était fait passer pour un marchand et non pour ce qu’il était : un intermédiaire. Et comment ne pas y croire ? C’est bien un Contrat de Vente qu’il nous fit signer. J’y reviendrai plus tard.

La leçon du jour :

ERREUR à ne pas commettre : penser que votre interlocuteur sera enclin à la rationalité et qu’il privilégiera la durée des relations à l’immédiateté de la commission. Bien entendu, cela n’est pas applicable à tous les intermédiaires, loin de là, mais probablement à ceux qui se font passer pour ce qu’ils ne sont pas.